Pour éviter que la consommation d'alcool et d'autres drogues ne devienne le point central de sa vie, il est essentiel d'examiner les causes qui amènent à consommer. Il est pertinent par la suite de trouver des solutions de rechange qui permettent d'avoir un certain sentiment de pouvoir sur son existence.

- Le pour et le contre
- Bien se situer
- Motifs et solutions de rechange
- Des choix gagnants
- Besoin d'aide ?
- D'autres raisons et d'autres solutions
- Médicaments et solutions de rechange
- Trouver ses propres solutions de rechange



Le pour et le contre

On perçoit souvent l'alcool et les autres drogues comme étant des produits attrayants. De prime abord, on consomme pour l'effet et la satisfaction que ces produits procurent de façon immédiate. Par exemple : On est stressé ? L'alcool nous détend. On fait la fête ? Il nous rend joyeux et nous porte à nous extérioriser. On manque de confiance en soi ? Il nous donne de l'assurance. Comme ce serait beau si c'était toujours sans conséquences.

L'alcool et les autres drogues ne sont pas des produits banals. D'une part, ils sont attirants par les sensations agréables qu'ils procurent. Mais d'autre part, ils ont souvent l'effet contraire à celui recherché. Lorsqu'ils sont pris de façon inconsidérée ou abusive, ils peuvent rendre agressif, faire perdre le contrôle, affecter les capacités, le jugement, rendre amorphe ou encore désagréable pour les autres, causer des accidents et quoi encore…

De plus, il faut considérer le fait que sur le plan physique, plusieurs substances dont l'alcool créent à la longue un phénomène de tolérance (il faut augmenter la dose pour obtenir l'effet recherché) et une dépendance (l'organisme ne peut plus s'en passer et émet des symptômes désagréables lorsqu'il en est privé). Aussi, la plupart de ces produits amènent une dépendance psychologique : on ne peut plus être bien dans sa peau sans être sous leur influence.




Bien se situer

Et vous ? Comment évaluez-vous votre consommation ? Tout va bien et vous ne voyez pas l'utilité de changer quoi que ce soit ? Vous n'avez pas de gros problèmes, mais vous trouvez que vous consommez un peu trop et plus souvent que vous le voudriez ? Vous avez à cœur de prévenir des difficultés plus graves, car votre consommation vous cause parfois des problèmes d'ordre physique, psychologique, familial ou social ? Vous voulez réagir ? Que pouvez-vous faire ?

Simplement décider de diminuer ou d'arrêter de consommer ne fonctionne généralement pas très longtemps. Si on ne s'appuie que sur une bonne intention, on reprend vite ses vieilles habitudes. Que faire d'autre, alors ? Il est d'abord primordial de prendre conscience des sentiments, des pensées ou des situations qui nous poussent à consommer. Une fois la ou les raisons identifiées, il faut ensuite rechercher des moyens autres que la consommation pour répondre à ses besoins. Si les moyens choisis sont satisfaisants, il n'y a plus de raisons d'utiliser l'alcool ou d'autres drogues comme solution à ses problèmes.

La situation devient cruciale lorsque la consommation est le seul moyen ou celui que l'on privilégie pour combler ses besoins et se sentir bien. Il vaut toujours mieux trouver des moyens à l'intérieur de soi pour être bien dans sa peau, utiliser ses forces personnelles plutôt que de rechercher des solutions à l'extérieur de soi en ayant recours à une substance quelconque.




Motifs de consommation et solutions de rechange

Si les motifs de consommation sont nombreux, les solutions de rechange le sont tout autant. Nul n'est mieux placé que soi-même pour déterminer ce qui nous pousse à consommer, trouver les moyens à prendre pour dimimuer ou cesser et agir en conséquence. Mentionnons quelques raisons de consommer parmi les plus fréquentes et voyons quelques pistes de solutions.


> L'ennui

Solutions de rechange :

Faire des activités dans lesquelles on peut se sentir utile (ex. : bénévolat ); faire partie d'un groupe organisé (ex : chorale, club social, sport d'équipe), ou participer à toute autre activité permettant de se divertir ou de développer son potentiel.


> Le besoin de faire comme les autres, de se sentir accepté, d'appartenir à un groupe

Solutions de rechange :

Sans nécessairement abandonner ses relations, faire partie d'un autre groupe où la consommation ne sera pas un critère d'acceptation; au besoin, s'appliquer à résister aux pressions des autres en s'affirmant et en tenant à ses idées.


> Le désir de combattre la gêne, la timidité pour entrer plus facilement en relation avec les autres et faciliter la communication


Solutions de rechange :

Participer à des activités qui encouragent l'expression (ex. : activités de groupes où les interactions sont nombreuses, sessions de croissance personnelle).


> Le besoin de diminuer le stress

Solutions de rechange :

Profiter de moments de détente (ex. : marche, boissons calmantes); dépenser son trop-plein d'énergie; faire des activités visant l'équilibre intérieur (yoga, méditation).


> L'espoir d'oublier ses problèmes, sa situation, ses déceptions

Solutions de rechange :

Réagir, faire partie d'un groupe d'entraide, se confier à une personne compétente; se permettre aussi de se détendre et de se changer les idées à travers cette démarche.




Des choix gagnants

Afin de mettre toutes les chances de son côté dans la recherche et l'adoption de solutions de rechange à la consommation, il est pertinent de trouver des activités à travers lesquelles on pourra : · développer des compétences; · exprimer sa créativité; · affirmer ses talents naturels, en explorer de nouveaux; · se trouver une ou des passions; · réaliser un rêve, un projet qui nous tient à cœur; · se donner des défis, y répondre; · se faire plaisir ; · être fier de soi .

Une fois les solutions choisies en fonction des raisons de consommer, il faut passer à l'action. On ressentira graduellement les bienfaits de notre prise en main, permettant de garder le contrôle sur notre consommation. Cela sera d'autant plus facile que nous aurons adopté des solutions efficaces.

Dans toute cette démarche, il peut être intéressant de se faire accompagner par un ami, une personne de confiance qui nous connaît bien, qui pourra nous faire des suggestions, nous aider à analyser la pertinence des activités trouvées, nous encourager dans nos actions.





Besoin d'aide ?



Parmi les raisons qui peuvent mener à une consommation problématique, certaines peuvent paraître difficiles à contrer par ses propres moyens. Si on tente de diminuer ou même d'arrêter de consommer et que l'on n'y arrive pas, il est alors judicieux de faire appel à des ressources extérieures telles que:


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Drogue, aide et référence : ligne téléphonique pour informations (alcool et autres drogues) et ressources de votre région. Téléphone : 1-800-265-2626. Montréal et environs : (514) 527-2626.

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Votre CLSC possède du personnel professionnel de diverses formations.

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Programme Alcochoix : pour réduire sa consommation et les problèmes y étant reliés. Contactez votre CLSC.





D'autres raisons et d'autres solutions

Principalement par rapport à l'alcool, certaines raisons invoquées pour consommer ne s'avèrent pas toujours justes dans les faits. Cependant, bien que ces motifs puissent comporter des risques, ils mènent rarement à la dépendance. Il convient tout de même de faire le point à leur sujet.



> Boire pour se réchauffer

En situation de froid, la réaction normale de l'organisme est de contracter les vaisseaux sanguins à la surface de la peau, de façon à retenir la chaleur à l'intérieur du corps. Or, l'alcool a exactement l'effet contraire : il dilate les vaisseaux sanguins périphériques et fait en sorte que le corps perd sa chaleur. Cela peut donner l'impression d'avoir chaud, mais four ouvert perd sa chaleur.


Solutions de rechange :

Des boissons chaudes et de bons vêtements sont plus recommandés pour se réchauffer à l'extérieur. Si on veut tout de même boire à l'occasion d'une activité hivernale, il est préférable d'attendre au moins d'être à l'intérieur pour le faire, à condition de ne pas sortir aussitôt après.


> Boire pour se désaltérer, parce qu'on a soif

L'alcool a la propriété de chasser l'eau des cellules et donc de déshydrater. Le rafraîchissement ressenti se limite aux papilles gustatives en présence d'un liquide froid ou encore à cause d'une grande quantité d'eau mélangée à l'alcool. Dans ce dernier cas cependant, les effets peuvent s'annuler.


Solutions de rechange :

Si on veut se rafraîchir, prendre un grand verre d'eau froide ou de jus sur glace. Si on veut consommer de l'alcool ensuite, on aura moins besoin de le faire pour se désaltérer.


> Boire pour se stimuler

L'alcool est un dépresseur du système nerveux central. Il n'est pas un stimulant. Son effet anesthésique fait en sorte que dans un premier temps, on puisse se sentir libéré de ses inhibitions et avoir l'impression d'être revigoré. Mais si le temps passe et que de plus on continue à consommer, on réalise vite que ses facultés diminuent. Cela est particulièrement observable par rapport à la conduite d'un véhicule.


Solutions de rechange :

Les personnes qui affirment boire pour se stimuler doivent réaliser qu'elles le font bien plus pour combattre le stress et l'anxiété. Pour des alternatives en ce sens, on peut se reporter à l'item pour diminuer le stress, ci-haut dans le présent texte.


> Boire parce que c'est bon pour la santé

Depuis quelques années, les médias rapportent régulièrement des études démontrant qu'une consommation modérée d'alcool, en particulier de vin rouge, protège des maladies cardiovasculaires. On établit que la consommation peut aller de 13 à 17 verres par semaine à condition qu'ils soient répartis sur une base quotidienne. Cette façon de faire ne serait cependant profitable qu'à partir de la quarantaine et le serait de plus en plus à mesure que l'on vieillit.

Par contre, plusieurs autres études contestent ces allégations, notamment quant à la méthodologie sur laquelle sont basées certaines recherches. Tout ce que l'on sait, c'est que dans l'état actuel de la recherche, il y a une quantité plus grande d'études en faveur de cette hypothèse qu'il y en a contre. La science est un domaine en constante évolution. Ce qui était faux hier est vrai aujourd'hui et vice-versa.

Il y a certains risques et inconvénients à adopter une consommation quotidienne, particulièrement lorsqu'elle va jusqu'à 17 consommations par semaine.


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L'alcool est un produit psychotrope. On y développe une certaine tolérance qui peut amener subtilement à augmenter sa consommation avec le temps. C'est aussi un produit qui peut créer la dépendance.

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Boire pour sa santé coûte cher. 2 consommations par jour équivalent à 730 par année. À raison de 5 verres par bouteille de 750 ml, cela fait 146 bouteilles. Au coût conservateur de 12,00 $ la bouteille, il en coûtera 1 740,00 $ par année et par personne. Inutile de dire que les études en ce sens font bien l'affaire de l'industrie des boissons alcooliques.

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Boire pour sa santé peut amener un faux sentiment de sécurité et porter à négliger d'autres façons d'avoir une vie saine. Si on retient le fait de consommer comme un élément positif pour sa santé, on devrait au moins le faire comme un complément à d'autres moyens et non comme une panacée à tous les maux.


Solutions de rechange :

Il y a plusieurs façons de prévenir les maladies cardiovasculaires :


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pratiquer régulièrement une activité physique de type aérobique (marche rapide, jogging, bicyclette, natation, ski de fond, etc.) ;

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essayer de bien gérer son stress ;

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avoir une bonne alimentation, modérée et équilibrée, conserver un poids-santé ;

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éviter de fumer.


Pour plus d'informations sur ce type d'alternatives, on peut consulter le site de la Fondation des maladies du cœur.

Il n'y a rien de répréhensible à prendre un verre à l'occasion, soit pour accompagner un repas, fraterniser ou simplement pour le goût. Si on veut consommer, peu importe la raison, il est préférable que l'alcool demeure un complément, un moyen parmi d'autres de se satisfaire. Au risque de se répéter, la consommation devient problématique à partir du moment où on l'adopte comme moyen privilégié pour répondre à ses besoins.





Médicaments et solutions de rechange

Les médicaments sont évidemment utiles. Leur utilisation inadéquate amène cependant des inconvénients et des dangers. En fonction des circonstances, plusieurs solutions de rechange existent par rapport à la prise de médicaments. On peut en prendre connaissance en consultant la section Aînés : Les effets des médicaments chez les aînés et Comment aider une personne aînée.





Trouver ses propres solutions de rechange

Pour aider à identifier ses propres solutions de rechange, on peut appliquer une méthode simple.


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Établir la raison majeure qui nous pousse à consommer et qui peut nous causer problème, en trouver les différentes facettes, à quel besoin fondamental elle répond : se sentir aimé, estimé, valorisé ? Trouver s'il y a lieu les besoins auxquels nous ne répondons pas, qui nous causent malaise et que le fait de consommer nous permet d'oublier.


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Rechercher des moyens concrets de remplacer la consommation comme réponse à notre besoin. Il faut en trouver le plus grand nombre possible en utilisant la méthode du remue-méninges. Les quatre règles sont : pas de jugement (on énumère sans analyser) - originalité et spontanéité - quantité illimitée - combinaison de plusieurs alternatives.

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Évaluer chacune des solutions de rechange en fonction de leur efficacité et de leurs conséquences : personnelles, sociales, à court ou à long terme, positive ou négative, en termes de coût et d'effort.

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Choisir la meilleure : après analyse, il devrait y avoir une option qui nous semble supérieure aux autres. Il est aussi fort possible que plusieurs fassent l'affaire et se complètent.

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Agir : déterminer où, quand, comment on va réaliser sa ou ses solutions de rechange ; passer à l'action.